On n'a jamais raison trop tôt, on a raison. Point... C'est un peu radical et parfois on ne vit jamais assez longtemps pour le savoir. Dans nos urgences, des mots de maux, des clins d'œil et des coups de gueules, des propositions, des idées (parfois), des envies, transition toute faites pour toutes les belles...
13 Juin 2011
ci joint un communiqué du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire...
Depuis plusieurs mois, la majorité des professionnels et les citoyens ayant à cœur une hospitalité pour la folie à rebours des préjugés sécuritaires actuels, ont dénoncé la déraison d'Etat qui s’est exprimée par le vote du projet de loi « relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et, aux modalités de leur prise en charge ».
Malgré nos propositions, il n'y a pas eu de sursaut républicain des élus de la majorité gouvernementale et pourtant, une fois votée, cette loi va rendre beaucoup plus compliqués l’accès aux soins et la continuité des soins pour les patients et leurs familles. Elle désorganisera la majorité des services de psychiatrie publique dès le 1er août 2011, fera pression sur des administrations prises de court (ARS, préfectures, justice) et paradoxalement, elle n’améliorera pas la possibilité des recours garantissant les libertés.
Cette loi adoptée, il ne restera plus que le sursaut des professionnels et des citoyens afin d’empêcher une catastrophe sanitaire sans précédent pour la psychiatrie.
Ethiquement, nous ne pouvons accepter cet ensemble de mesures qui n’a plus vocation à soigner mais à créer l’illusion que les psychiatres, les juges, les directeurs d’hôpitaux et les préfets pourraient garantir l’ordre social aux moyens de recettes gestionnaires et sécuritaires qui n’ont jamais fait leurs preuves.
Il est plus que jamais nécessaire, dans le champ de la psychiatrie, de se recentrer sur la mission soignante en élaborant, avec les patients et leur famille, des pratiques de soins au cas par cas et au long cours, quand elles le nécessitent. Nous ne saurions rester impuissants face à ce texte idéologique, discriminatoire et promouvant la délation tout en détruisant la relation de confiance « soignants – soignés ».
Ce texte dangereux consacre la rupture du secret professionnel, la fin de l’indépendance professionnelle qui sera désormais soumise à « un programme de soins » dicté par le Conseil d’Etat.
Par nécessité éthique afin de maintenir une possibilité de soin relationnel nécessaire à toute personne en grande souffrance psychique, qu’elle puisse ou non consentir aux soins, nous appelons le mercredi 15 juin tous les soignants en psychiatrie, les patients, les familles et tous les citoyens à refuser solennellement cette loi.
D’ores et déjà, il nous paraît essentiel d’appeler à un grand rassemblement unitaire à Paris, avant l’été, pour entériner notre refus et organiser la résistance qui concourra à l’abrogation.
la vie, l'existence, les relations, le travail, l'amour, l'argent, le pouvoir, l'alimentation, certaines substances fabriquent les épisodes de folies de beaucoup, de trop... 12 ans après être sorti de l'hôpital spécialisé (mot poli pour dire asile) je me demande quel serait mon sort aujourd'hui... Comment cette loi va t-elle être appliquée, comment pourrait elle l'être pour moi si je frôlais les bords de la folie, une de celles que l'on ne gère pas ? Serais je amener à une obligation de soins, avec visite intempestives de soignant, voire de la police pour voir et constater que j'ai bien pris mon traitement ?
J'apprécie énormément le climat de confiance autour duquel je me suis refait une santé, avec les psychiatres, les généralistes, les copains, les copines, les projets, le travail, l'écriture, le temps... le temps qu'il faut pour s'en remettre et parvenir à ce que l'on pourrait appeler une vie "normale"... Sur cette normalité où il y aurait tant à dire, et surtout tant à critiqué... le pouvoir oligarque du monde et de nos pays ne veux rien voir qui dépasse, alors que pour beaucoup de troublés du psychisme les cases inscrites par les législateurs de tous bords sont trop petites, trop étroite...
Si je reste seul et isolé, j'irai sûrement voir par Paris si je le suis moins... Tout se dégrade, les revenus, les prises en charge... Chouette le fou, les fous vont être plus libre... de péter les plombs et de faire chier le monde ? Alors que les statistiques plaident pour dire qu'il n'y a pas plus de criminels chez "les fous" que chez "les normaux", c'est encore sur cette minorité que la affres du pouvoir sévissent...